Le droit des femmes

L'égalité des droits de la femme et de l'homme est,

pour nous, associations du respect de la vie, un fait normal,

acquis et justifié, que non seulement nous n'avons pas idée de

remettre en cause, mais que nous sommes prêts à défendre, si

elle était attaquée.

Nous faire passer pour d'affreux réactionnaires aux

conceptions archaïques datant d'avant l'ère chrétienne est une

malveillance et une malhonnêteté de plus à mettre à l'actif ou au

passif de nos adversaires.

Mais nous savons bien que, derrière cette expression et

cette revendication, se cache une seule et unique demande pour

les femmes, à savoir le droit de tuer leurs enfants avant leur

naissance, uniquement parce qu'il paraîtrait trop indécent de

revendiquer ce droit pour les dits enfants après leur naissance.

Si ce n'était pas trop indécent et dangereusement incrédible, on

le ferait évidemment sans hésiter. On ne saurait vraiment plus

où l'on va.

Cette revendication est évidemment considérée par ces

messieurs et dames, comme le nec plus ultra du modernisme et

de la civilisation, et ceux qui ne sont pas d'accord sont forcément

des arriérés rétrogrades, voire des anencéphales, de toutes

façons des fossiles déjà enterrés, qu'on ne va vraiment pas perdre

son temps à exhumer.

Nous, nous sommes pour l'égalité des droits de

l'homme et de la femme. Mais, donner à la femme seule le droit

de tuer, cela leur donne un pouvoir exorbitant. C'est même une

discrimination formellement contraire aux principes de la civilisation

et de la République (la civilisation existant aussi bien

dans les monarchies européennes que dans les états

républicains).

Pour faire disparaître cette discrimination contraire

aux dits principes, il faut que le droit de tuer n'existe pour personne,

ou qu'il existe pour tous, c'est-à dire qu'ils soit étendu

aux hommes.

Si le droit de tuer est limité à certains types de victimes,

à savoir seulement aux enfants, cela crée à nouveau une discrimination

fondamentale et il faut impérativement que le droit de

tuer puisse s'exercer sur tous les humains.

Il faut que le droit de tuer soit donné aux deux sexes et

puisse s'appliquer à toutes les victimes.

Il faut que tous puissent être tués par l'application non

discriminatoire du droit de tuer, et pas seulement quelques

catégories humaines selon l'âge, ce qui créerait une nouvelle

discrimination contraire au principe de la civilisation et de la

république.

Donc, le droit de tuer doit être donné aussi aux hommes

(et ne soit pas réservé aux femmes), et il faut qu'il puisse

être exercé sur tous, et pas seulement sur certaines catégories

d'hommes, en fonction de l'âge.,

Toute autre façon de faire est une discrimination, à de

multiples points de vue fondamentaux, contraire aux principes

reconnus des diverses civilisations connues, et entre autres de la

république française, quel qu'en soit le numéro.

Pour Madame Nicole Péry, personnage officiel, Secrétaire

aux droits des femmes dans le gouvernement socialocornmuniste

Jospin, I'IVG est un «droit fondamental des femmes!

». Donc, pour cette dame, le droit de tuer est un «droit

fondamental des femmes».

Nous sommes en plein dans le sujet. Pour les membres

du gouvernement, le droit de tuer est un droit fondamental des

femmes. Ceci institue la discrimination vis-à-vis des hommes,

puisque Madame la Ministre n'a pas dit: «le droit de tuer est un

droit fondamental des femmes et des hommes». Dire seulement

«les femmes» crée une discrimination. Il faut dire «les femmes

et les hommes».

Ces «messieurs-dames» vont encore se récrier, parce

que nous avons dit : «le droit de tuer» et non «le droit à l'IVG».

Si notre expression est fausse, c'est qu'après une IVG, l'enfant

naît vivant. L'enfant naît-il vivant après une IVG ? Oui ou non ?

C'est non. Donc l'IVG l'a tué. C'est non seulement clair mais

indiscutable.

Donc, nous sommes bien en face d'une civilisation du

crime, qui en plus essaie de faire prendre au public des vessies

pour des lanternes par une volonté flagrante de mensonge et le

mensonge lui-même.

Et tous ces gens réclament bel et bien un droit doublement

discriminatoire au crime;

Moi, je veux bien qu'on ne parle pas de crime, puisque

le mot heurte ces oreilles sensibles et délicates. Alors, il faut

nous démontrer et me démontrer, à moi, qu'après un avortement,

l'enfant naît vivant. Je risque, on en conviendra,

d'attendre longtemps.

L'avortement est une affaire énorme de crime doublée

de fabuleux mensonges.

Tout cela, nous le savons depuis longtemps, et pour

tout cela, pour tout homme intellectuellement honnête, la cause

est entendue.

Mais il y a encore à dire sur ce droit de tuer qui a manifestement

l'approbation des principaux dirigeants de l'actuelle

république.Ce droit légal de tuer donné aux femmes ne tue pas que

les enfants par millions, il tue le droit lui-même.

À partir du moment où un crime prémédité sur un

innocent sans défense est toléré (c'est déjà suffisant pour anéantir

le droit), mais plus que cela est non seulement toléré mais

considéré comme un droit (ce n'est pas seulement l'opinion des

gauchistes, mais de toute la gauche et de la partie de la droite

qui a voté l'avortement légal), aucun crime ne peut plus être

sanctionné sans arbitraire et discrimination, et pas seulement

les crimes, mais tout ce qui est moins grave, les vols, et toutes

les autres violations du droit et tous les autres délits.

Une institution du droit au crime prémédité contre un

innocent sans défense entraîne la destruction totale de l'ensemble

du droit qu'il remplace par une construction contradictoire,

arbitraire, et rendue illégitime précisément par la légalisation

du droit au crime, non pas avec circonstances atténuantes, mais

avec les circonstances aggravantes les plus évidentes.

Prendre des habitudes d'esprit d'arbitraire, d'illogisme,

de contradiction pour légaliser le crime de masse, est

mauvais pour la santé mentale et physique et l'avenir du pays.

Dans les sociétés perdues comme les nôtres, tout le

monde s'en moque, et chacun se dit que la société tiendra bien

aussi longtemps sans lui.

Donc, l'anarchie légale et le droit au crime légal ont

encore de bonnes années devant eux.

EN RESUMÉ,

Nous sommes entièrement d'accord pour la complète

égalité des droits entre l'homme et la femme.

Mais nous ne pouvons accepter le droit au meurtre sur

les enfants non-nés, car sous peine de discrimination selon l'âge,

il faudrait l'accepter sur tous les enfants et aussi jusqu'à la mort,

et sous peine d'une autre discrimination, il faudrait l'accepter

pour l'homme.

Ce droit au meurtre, accordé à la seule femme et sur les

seuls enfants non-nés, conduit à une double discrimination qui,

pour être supprimée, conduit à l'accorder sur tous les enfants,

puis sur tous les humains.

Ce droit au meurtre conduit à l'anarchie la plus totale,

et à la ruine complète des principes de la devise de la république,

et de toute civilisation.

E. Tremblay

Extrait de l'UPN

 

Les nouveaux crimes pour

la gauche marx-globaliste

Le nouveau Code Pénal rédigé par la nouvelle inquisition

marx-globaliste prévoit deux crimes capitaux:

l'homophobie et la xénophobie, crimes, du reste, intimement

liés entre eux.

L'homophobie est le délit de celui qui privilégie la

famille traditionnelle par rapport aux «unions de fait» homosexuelles

en refusant de leur reconnaître la dignité du mariage.

Homophobe est aussi celui qui «discrimine», ou exprime publiquement

son dissentiment envers la pratique et la théorie

homosexuelles. Bien sûr le principal "homophobe" est Jean-

Paul II qui dans ses allocutions ne manque pas de réaffirmer le

primat du modèle chrétien de la famille.

La xénophobie, selon le langage «politiquement correct

», consiste au contraire dans le fait de privilégier ses

compatriotes, sa propre langue, sa propre culture, sa propre tradition,

par rapport à la langue, à la culture, à la tradition des

étrangers qui immigrent dans notre pays. Le crime de xénophobie

inclut celui d' «europhobie», ou «euroscépticisme», qui

consiste dans le refus de dissoudre la souveraineté de sa propre

nation dans le magma de la société globalitaire qui prend forme

sur le plan européen et en perspective, sur le plan mondial.

Entre homophobie et xénophobie le lien est clair. La

nation, ainsi que la famille, impliquent l'idée d'une naissance,

c'est-à-dire d'une origine et d'une identité communes. L'Etat est

l'unité politique des familles d'une nation organisées autour

d'un principe souverain.

Homophobie et xénophobie ont en commun, dans la

perspective marx-globaliste, la haine pour ce qui est «divers».

Elles constituent donc la négation intolérable du principe d'égalité

absolue que la Révolution française n'a pas réussi à réaliser

complètement. Mais les néo-jacobins de la Gauche planétaire

veulent porter à bout ce projet en utilisant des instruments de

répression bien plus sophistiqués que ceux d'autrefois.

Des sanctions juridiques, sociales et morales de tout

genre sont prévues pour les défenseurs de la vision traditionnelle

de la société. Cependant, en Europe, ces personnes fidèles

à la conception de vie traditionnelle ne constituent pas des

groupuscules mais la majorité des citoyens de bon sens. Face à

eux, derrière la façade de l'anti-homophobie et de l'anti-xénophobie,

il existe un réseau d'anarchistes et de néo-jacobins

cachés dans les gouvernements, dans les parlements et dans les

médias, qui ont déclenché une violente offensive contre les

bases morales de notre société.

Si la haine contre les homosexuels en tant que personnes

humaines est incompatible avec l'esprit de l'Evangile, la

haine de la pratique et surtout de la théorie homosexuelle est au

contraire un devoir du chrétien car le premier principe de la loi

morale est d'aimer le bien et de haïr le mal, comme celui de la

connaissance métaphysique est celui de savoir distinguer la

vérité de l'erreur. De même, la haine envers l'étranger en tant

que tel est incompatible avec l'amour pour le prochain qui

caractérise la vie chrétienne. Mais l'amour pour le prochain

avant d'être pour le lointain, c'est l'amour pour celui qui nous

est proche: l'amour pour la propre famille et pour la propre

patrie,. La présente agression culturelle et morale contre les

familles et les nations européennes exige une stratégie de

défense qui doit commencer par le sentiment d'une propre

identité et de la différence d'autrui. Ce sentiment n'est ni homophobe

ni xénophobe mais une application sur le plan social duprincipe d'identité sur lequel s'est fondée l'histoire de l'Occident chrétien.

Roberto de Mattei

n. 40 -- Correspondance européenne

 

Père Arthur Lewis Lettre aux amis

The Collège of St Barnabas

Lingfield, Surrey RH7 6NJ

Angleterre Carême 2000 (extraits)

La main cachée

...Les prcblènes britarmiques sont petits comparés a

ceux d'Afrique. Un cas grave est celui du Soudan.

Mon expérience du Soudan se limite à quelques arrêts

pour la nuit à la fin de l'ère coloniale. Le colonialisme a laissé un

seul pays où il y aurait dû en avoir au moins deux. Le résultat,

c'est la longue et implacable guerre dans laquelle le nord musulman

(qui aurait dû former un pays séparé) utilise les moyens les

plus brutaux pour soumettre le sud chrétien et animiste. Grâce

à Dieu il y a des chrétiens d'autres pays qui s'efforcent d'aider

les malheureuses victimes.

Un autre résultat effroyable de la fin du colonialisme

au Soudan est la tragédie de l'ouest équatorial. Paul Salopek le

décrit dans l'édition de janvier 2000 de "The Tribune". La maladie

du sommeil (causée par la mouche tsé-tsé), éradiquée

depuis longtemps, a fait un retour spectaculaire. Les conditions

actuelles "sont si primitives qu'elles reproduisent les causes de

la mortalité par les mouches tsé-tsé de l'Afrique pré-industrielle.

Des années de guerre civile ont transformé cette

province en l'un des endroits les plus arriérés de la terre. Quelques

routes de poussière rouge rongées par 'l'herbe aux

éléphants' sont le seul héritage tangible laissé par la domination

anglaise terminée en 1956. Il n'y a pas un seul téléphone qui

fonctionne, pas une toilette avec chasse d'eau ou une route

pavée - et encore moins un hôpital moderne - 50.000 km2 à la

ronde."

Presque tout ce qui reste, ce sont les mouches tsé -tsé

(éradiquées depuis longtemps) et des dizaines de de milliers

gens malades, tous infectés de la maladie du sommeil. Certains

deviennent fous. Beaucoup meurent.

Le colonialisme intrinsèquement mauvais ?

On se demande ce que le Comité des Nations Unies

pour la décolonisation (s'il existe toujours) dit du Soudan. Il y a

eu beaucoup d'erreurs dans la manière de conduire le colonialisme

et il s'est fait beaucoup de mal. Mais les Anglais, les

Français et les Portugais laissaient un héritage de christianisme

et de civilisation qui, bien qu'on en rie aujourd'hui, avait une

valeur incomparable. La décolonisation forcée a conduit à la

recrudescence de la pure barbarie, et cette fois avec des fusils

AK.

La chrétienté n'a-t-elle rien à dire à ce sujet? Ou au sujet

des gens qui ont causé le départ des blancs? Au sujet de ceux qui

ont fait pression sur l'Angleterre et les autres pays occidentaux

en finançant les mouvements terroristes? En fait, quelle était la

raison de tout ce remue-ménage sinon les richesses minérales

du sous-sol africain?

Un fléau africain encore pire que la maladie du sommeil,

c'est le Sida. Chaque minute, dans le monde entier, onze

personnes sont infectées par le virus HIV. Dix d'entre elles se

trouvent en Afrique sub-saharienne. Plus de douze millions

d'Africains sub-sahariens sont déjà morts du Sida. En Afrique,

le Sida cause plus de morts annuellement que toutes les guerres

du monde. (Je prends tous ces chiffres d'un article de George

F.Will dans "Newsweek" de janvier.)La main cachée en Rhodésie

N'est-ce pas la même élite financière qui a procuré le

muscle derrière les mouvements terroristes dans le pays qui fut

la Rhodésie? Et derrière les gouvernements occidentaux quasi

fantoches qui ont mis tant d'énergie et de ressources pour

détruire ce qui était probablement la colonie la plus heureuse et

la mieux réussie du monde? Le groupe Bilderberg a été fondé en

1954. La poussée en vue de l'abolition des colonies a atteint son

apogée en 1960. La Rhodésie a nagé contre le courant; et sa position

héroïque en faveur du christianisme et de la civilisation a

été balayée par le raz de marée du gros argent et du communisme

soviétique qui à ce moment était un acteur dans ce même

jeu.

Maintenant, si jamais l'histoire prouve quelque chose,

elle a prouvé que la Rhodésie avait raison et l'Occident complètement

tort. Les conglomératsinternationaux ont probablement

obtenu la richesse et les minéraux et la puissance qu'ils souhaitaient.

(Ils sont en train de nous imposer 'l'Union européenne

pour des buts similaires.) Mais le prix de la misère humaine

payé par l'Afrique sub-saharienne dépasse toute 'imagination.

J'ai écrit au sujet du Zimbabwe dans la lettre d'information

du Groupe chrétien de Rhodésie. Il ne me sert presque à

rien d'en écrire davantage parce que tout aura changé quand

vous recevrez cette lettre.

Pourtant rarement un pays n'a eu autant besoin de

prière que le Zimbabwe aujourd'hui. Les conditions de vie des

Africains sont pires qu'il y a un demi-siècle. Au moment où

j'écris (21 mars) les fermiers blancs, leurs fermes envahies par

des bandes payées par Mugabe, vivent un cauchemar - en dépit

de leurs efforts pour coopérer dans le processus de réforme de

l'agriculture. Assiégés par des gens ivres ou drogués, ils sont

acculés à la ruine, non seulement pour eux mais pour tout le pays. Le président Mugabe est devenu un tyran mégalomane

qui imprime de la monnaie "comme s'il n'y avait pas de lendemains",

qui se bat pour une autre tyrannie à des milliers de km

et détruit son pays devant ses yeux.

Les élections d'avril sont largement ouvertes au truquage:

un quart des listes électorales sont composées de morts,

un autre quart de disparus - mais si, grâce à Dieu, l'opposition

arrive au pouvoir elle sera confrontée à une tâche surhumaine.

Le parti au pouvoir a mcnacé d'une guerre civile s'il était

vaincu.

En plus de tout cela est arrivé le cyclone Eline qui a

atteint le Zimbabwe comme le Mozambique et l'Afrique du

Sud. On ne peut pas accuser les Bilderbergers de cela. Ce n'est

pas l'avis d'Agnès Rusike, présidente de l'association des Veuves

de la guerre de Libération et une figure clé dans l'attaque

des fermes. Elle aurait dit que "Les Américains ont créé le

cyclone Eline". "Ils ont des sous-marins qui ont mis un missile

sous la mer..." (Daily Telegraph, 3.3.)

Notre fonds de soutien à la Rhodésie (géré par le

Groupe chrétien de Rhodésie) collecte d'urgence de l'argent

pour ceux qui ont perdu leurs maisons et leurs récoltes dans les

inondations. La réponse est lente bien que les besoins soient

désespérés. (La catastrophe du Mozambique a masqué tout le

reste.)

S'IL VOUS PLAIT, SI VOUS LE,POUVEZ. Et par dessus

tout priez.Priez pour la population du Zimbabwe, noire et

blanche, et pour les chrétiens de là-bas qui souffrent avec leurs

campatriotes tout en s'efforçant de les aider.

...

"Ceux qui se confient en l'Eternel renouvellent leurs

forcés; ils prennent leur vol comme les aigles; Ils courrent et ne

se lassent point, Ils marchent et ne se fatiguent point." (Esaïe

40.31)

...Mais pourrions-nous vivre ainsi si notre maison avait

été détruite par le cyclone ou si nous étions des fermiers au

Zimbabwe?

Que Dieu vous bénisse.

Arthur Lewis

Des copies de cette traduction peuvent être obtenues

auprès de

Mme Sophie Perrenoud

10, chemin des Voitats

2533 Evilard (Suisse)

 

N'en avaient-ils pas le droit ?

Celui qui croirait encore à l'évolution des espèces et

souffrirait de darwinisme congénital, ne pourrait guère observer

le psychodrame d'Emmen sans imaginer qu'un aiguillage

mystérieux renvoyât vers les époques anciennes l'actuelle

génération.

En effet, on aurait pu la croire bien avancée dans les

terres balisées de la démocratie moderne, où s'affirme le droit

«divin» du suffrage universel. Or, devant le choix majoritaire

d'une commune qui refuse la naturalisation de quelques étrangers,

on entend hurler le haro moyenâgeux qu'on jetait jadis en

se saisissant des flagrants délits!

Haro donc sur les Lucernois d'Emmen! Et pourtant, ils

ont fait usage d'un droit que les lois du pays leur confèrent. Nul

ne peut contester qu'ils pussent dire oui ou non; et que si une

majorité dit non, il est conforme à nos mœurs politiques d'enregistrer

et de publier un résultat négatif. Où est le scandale, si ces

citoyens ont donné l'une des deux réponses prévues par la loi?

Il y a donc quelque part à Berne ou à Genève, dans les

rédactions des journaux ou aux officines de quelques formations

politiques des gens qui prononcent la condamnation de

Confédérés qui ont exercé leurs droits civiques, sur des sujets

les concernant.

Les Genevois, lit-on, seraient prêts à donner à ces

étrangers le passeport qu'ils n'ont pas obtenu à Lucerne. Berne

verra affluer des propositions pour dépouiller la commune

bourgeoise du droit jamais contesté de choisir les siens.

Ce comportement qui se prétend ouvert et généreux

permet d'observer la manifestation d'un moralisme laïc bien

hypocrite en vérité. Il s'agit en fait d'imposer non pas le bon

usage de la loi civile, mais un nouveau code de conduite étrangement

estampillé.

En rejetant la loi divine comme norme suprême des

Etats, on a prétendu accéder à cette Liberté majusculaire qui

renversait tous les interdits' Mais la nature a horreur du vide.

L'homme «Iibéré» se forge de nouvelles chaines. Il prétend rejeter

le joug salutaire de la morale chrétienne; il se muselle et

s'enchaîne en réalité avec les interdits arbitraires de nouvelles

puissances. La loi de Dieu fait place aux manipulations des

droits de l'Homme.

Il ne faut dès lors pas s'étonner si nos contemporains,

prétendant posséder le droit d'exclure de naissance leurs propres

enfants et déjà séduits par le délire euthanasique, veulent

imposer à nos communautés les agrégations automatiques de

populations allogènes sans égard à leur degré d'intégration.

René Berthod

 

 

Architecture sacrée en pays vaudois

Le canton de Vaud, si gai et si beau, est souvent appelé

"pays", parce qu'il est constitué des trois éléments qui caractérisent

le territoire helvétique : le Plateau, le Jura et les Alpes, et

que de plus, et surtout, il possède le sel. C'est donc vraiment un

pays complet.

De ce qui précède, on pourrait conclure que ce pays a

aussi sa culture, son architecture, y compris son architecture

sacrée. Qu'on se détrompe, tel n'est pas le cas de ce dernier

domaine, car tout au long de son histoire, ce pays a subi de

nombreuses influences extérieures par le fait qu'il se situe aussi

à la croisée d'importants chemins physiques et culturels et ce

depuis toujours. Les historiens de l'art et de l'architecture sacrée

ont l'habitude de découper et de structurer le temps chrétien en

périodes stylistiques bien précises :

&endash;La naissance paléochrétienne :

&endash;L'enfance carolingienne qui en architecture sacrée, est

la version nordique de l'art basilical qui surgit complet, parfait,

autour du bassin méditerranéen après le fameux édit de l'empereur

romain Constantin:

&endash;La jeunesse romane, pleine de spontanéité et d'inventions

:

&endash;L'adolescence gothique, téméraire comme l'est souvent

cette période de notre vie, et qui lance dans le ciel les plus

audacieuses structures jamais connues et réalisées en la matière

:&endash;L'adulte Renaissance, qui à force de se prendre au

sérieux s'enlise dans l'orgueilleuse impasse de l'humanisme et

de la Réforme :

&endash;La saine réaction baroque, qui s'achève dans l'exubérance

rococo :

Et puis le grand vide et l'entassement de ruines laissées

par ceux &endash;révolutionnaires&endash;qui ont voulu construire une société

sans Dieu :

&endash;Le style de tous les néo-gothique, -roman, -byzantin,

-classique, qui s'achève dans une catastrophe aussi dramatique

que celle de 1789, la Grande Guerre de 14-18 au delà de laquelle

il faut repartir à zéro:

Donc le temps de l'art nouveau, durant lequel le génie

artistique bouillonne et prépare un avenir plein de promesses,

brutalement interrompu, d'une part par la seconde guerre mondiale

et d'autre part et surtout, en matière d'architecture sacrée,

par l'apparition désordonnée et iconoclaste de directives pastorales

post-conciliaires (Vatican II). Celles-ci ont eu pour effet

d'enlever à la dite architecture tout ce qu'elle contenait de sacré,

comme ces mêmes directives ont enlevé à la Sainte Liturgie tout

ce qu'elle contenait de saint.

Si l'on se réfère à cet impressionnant inventaire, il faut

bien l'admettre, l'histoire de l'architecture sacrée en pays de

Vaud comporte de vastes lacunes, comblées ici ou là par les

fouilles archéologiques qui nous révèlent des traces, mais bien

pauvrettes par rapport à certains chefs d'oeuvres que l'on peut

encore admirer ailleurs.

Nous devons sauter à pieds joints sur les premières

manifestations de l'architecture sacrée. C'est en effet sur la

presqu'île de Reichenau (Lac de Constance), qu'il faudra se rendre

pour visiter et admirer quelques beaux spécimens del'architecture basilicale carolingienne. En pays vaudois, on

entre de plain-pied dans l'architecture sacrée avec le style dit

roman et dès lors on oublie sans remord l'absence d'ouvrage

plus ancien, car en la matière nous avons été gâtés à cette

période-là : Payerne, Romainmôtier d'obédience bénédictine,

Bonmont pour les Cisterciens et puis une multitude d'oeuvres

plus modestes dans nos bourgs et villages : le prieuré de Saint-

Sulpice, Moncherand et ses apôtres, Grandson et ses chapiteaux

auvergnats, etc.

La période gothique est chapeautée par une oeuvre

maîtresse d'importance internationale : la cathédrale Notre-

Dame de Lausanne, dont la perfection de son style, sa rose et

son porche peint méritent la plus grande attention et l'admiration

la plus enthousiaste.

Ensuite un grand vide de quelques siècles correspondant

à la période réformée bernoise que compensera, il faut le

dire, le retour de l'architecture sacrée à la fin du XIX

siècle.

Une sorte d'éclosion qui n'est pas sans rappeler celle des premières

basiliques après la reconnaissance de l'Eglise par

l'empereur Constantin (Edit de Milan, 313), qui mettait un

terme aux persécutions impériales.

Echappant aux désastres de la première et de la

seconde Guerre Mondiale, la Suisse a été un foyer important de

recherche en matière d'architecture sacrée dont le chef-d'oeuvre

absolu reste à mon sens et à coup sûr l'église du Christ-Roi à Fribourg

(Bd. De Pérolles). Le pays de Vaud n'est pas en reste avec,

par exemple, la très intéressante église paroissiale Saint Martin

à Paudex.

Mais le canton a payé depuis un lourd tribut à la désacralisation

post-conciliaire avant que l'Etat, laïc, ne réagisse

avec fermeté face au laxisme épiscopal. Celui-ci était prêt à

abandonner aux mains des "modernistes" iconoclastes la célè-bre fresque ´"futuriste" de Sévérini, représentant Notre-Dame

de Lausanne au choeur de la basilique du même nom, que les

catholiques avaient édifiée dans le quartier du Valentin lors de

leur retour d'exil forcé.

Voilà, très succintement résumée, l'histoire et le contenu

de l'architecture sacrée en pays vaudois. Qu'en dire

maintenantÝ? Car telle est la demande qui m'a été faite

lorsqu'on m'a prié d'aborder le sujet dans les pages de

FINALITES.

Comme c'est généralement le cas, c'est la qualité qui

remplace la faible quantité. L'architecture sacrée vaudoise est,

en effet, composée dans sa majeure partie de chefs-d'oeuvre

dont le rayonnement dépasse largement les frontières cantonales.

Les illustrations insérées dans ce texte sont là pour nous en

convaincre.

"L'art que nous appelons roman parvint à sa plus

grande hauteur dans l'architecture. Car le but ultime de l'effort

artistique était au XIIè siècle de construire une église, un bâtiment

où put se dérouler en pleine magnificence l'office divin. Le

monument exprime l'ordre de Dieu par chacune de ses parties,

par les rapports numériques qu'elles entretiennent entre elles et

qui règlent leurs proportions. Ceux qui le bâtirent voulurent

qu'elles fussent, à l'instar des psalmodies grégoriennes, des

représentations prophétiques de l'harmonie divine." (Georges

Duby). L'architecture romane et le chant grégorien sont un seul

et même art,"

à la fois le plus populaire et le plus raffiné, parce qu'il

est un langage de l'âme pour l'âme disait André Charlier en passant

par une sensibilité qui touche juste assez la terre pour nous hausser

avec force et douceur vers les hauteurs de la Terre désirable

". (Dom

Gérard, Père Abbé du monastère Sainte Madeleine du Barroux).Le modeste mais sereinement divin chevet de l'église

de l'ancien prieuré de Saint-Sulpice (près de Lausanne), s'inscrit

parfaitement dans ces finalités.

Les cathédrales se construisent en ville. Elles implantent

au cœur de la cité terrestre l'image de la Jérusalem céleste

telle que décrite dans l'Apocalypse de l'apôtre St Jean, qui en

avait eu la vision surnaturelle. "

Ces églises s'élèvent comme un

vertige de la foi

." (Pierre Duhamel).

Même surprise, même choc, même gloire nous attendent

à l'intérieur de ces édifices. "

Laissons-nous gagner à cette

sensation comme physique d'un air plus léger, jusqu'alors jamais respiré

dans un espace clos, comme si la matière, ici, avait cessé de peser

sur l'esprit. Allié à la somptuosité des cérémonies, nous comprenons

que l'homme du Moyen-Age ne devait avoir aucune peine à se représenter,

à l'image de sa propre cathédrale, la Jérusalem céleste aux

parois faites de pierres précieuses, parée comme l'épouse pour l'époux.

La cité n'a besoin ni du soleil, ni de la lune pour l'éclairer car la gloire

de Dieu l'illumine

".

La cathédrale de Lausanne, qui a un grave défaut, affirmait

un historien de l'art d'Outre-Jura, celui de ne pas être en

France, s'inscrit elle aussi dans la parfaite finalité de l'époque.

On peut la résumer par ce petit dialogue entre l'évêque, maître

de l'ouvrage, et son architecte, maître d'oeuvre : "Je ne doute

pas de ton talent et de ta science qui m'ont été recommandés, ni

de ta passion de la mettre en oeuvre. Mais je te parle de Dieu et

de son service. Il s'agit de sa gloire et non pas de celle du bâtisseur.

La beauté de ton édifice doit rapprocher mes hommes de

Dieu."

Rapprocher les brebis du Bon Pasteur, telle est aussi

bien des siècles plus tard, la finalité architecturale sacrée dévolue

à la Basilique Notre-Dame implantée au cœur du quartier

du Valentin à Lausanne, au sein de laquelle la "

Bénie entre toutesles femmes

" est bien présente comme elle l'avait été au cœur de

la cathédrale. Ce dernier exemple nous révèle une tradition

venue de la nuit des temps. Lorsqu'ils construisent pour Dieu,

les croyants ont toujours mis le meilleur d'eux-mêmes pour édifier

et célébrer la gloire de Dieu.

Par le biais de ces trois exemples &endash; il y en aurait bien

d'autres encore &endash; que pouvons-nous conclure ? Que l'architecture

sacrée en pays de Vaud s'inscrit dans la droite ligne de la

grande tradition catholique. La religion dont la foi a été révélée

une fois pour toutes et qui ne change pas. Cette permanence

n'est en aucun cas un paramètre négatif comme s'évertuent à

nous le rabâcher les "progressistes" de tous bords. Bien au contraire,

elle est source de créativité et de génie inventif à même

d'enthousiasmer les artistes dans l'esprit de ce que sa Sainteté le

Pape Jean-Paul II leur écrivait le 18.02.84 ( Lettre aux artistes):

"Cherchez une juste proportion entre la beauté des oeuvres et la

beauté de l'âme." L'architecture sacrée en pays de Vaud dévoile

que lorsqu'ils croyaient, fermement, les Vaudois ont toujours su

magnifiquement relever ce défi pontifical, qui est celui de tout

art sacré. Exemple à suivre et à méditer !

Claude NICOD

Architecte

Lausanne

NB : Les illustrations suivantes sont de l'auteur du présent

article.